Osons la diète mentale !

15 avr 2011   //   par Anne   //   Développement personnel  //  Aucun commentaire

Si la peur pouvait alimenter les compteurs électriques, nous ne serions pas en mal d’énergie ! Parfois les conversations avec nos proches nous entraînent insidieusement vers des visions un peu catastrophiques de la vie sur cette planète, quand ce n’est pas carrément sur des visions apocalyptiques. Vous savez… 2012, et le calendrier Maya, et toutes les légendes qui l’entourent….

On peut essayer d’en rire, et cela marche parfois un moment, le temps de placer une ou deux blagues sur le fait que les Mayas n’avaient pas de pompiers pour apporter les nouveaux calendriers. On peut faire appel à la logique, en expliquant que 2012 ne signifie pas du tout la fin du calendrier, mais le début d’un nouveau cycle, et la logique marche un petit moment. Mais quand l’esprit humain a envie de catastrophisme, c’est dur de l’en dissuader. Et la chaleureuse réunion d’amis qui devaient se remonter le moral, peut alors devenir un peu lourde.

Même sans parler de 2012, il n’est pas difficile de se saboter le moral si nous nous concentrons sur tout ce qui ne va pas sur cette terre et sur tous les dangers potentiels. Il n’y a pas de limites à la négativité que nous pouvons engendrer de cette manière, et même si cela a l’air anodin, l’effet sur notre psychisme est que cela plombe notre moral, et sabote notre capacité de simplement faire ce que nous avons à faire pour avancer dans le bon sens, et faire avancer notre société dans le même temps.

J’ai développé l’habitude de considérer que derrière les visions apocalyptiques et les prévisions pessimistes, se cachent de véritables espoirs de voir le monde se transformer. Il n’en reste pas moins qu’encombrer nos esprits de ces visions pessimistes nourrit l’angoisse.

Prendre du recul face à l’information

Nous pouvons commencer par faire attention aux idées et informations que nous introduisons dans notre propre mental. Voir des informations catastrophiques en boucle ne sert à rien ; parfois il est même utile de doser notre exposition aux nouvelles : se brancher sur notre chaîne préférée une fois par jour, et pas plus. Lire les brèves d’un site que nous apprécions, et pas plus. L’information circule tant de nos jours, que nous ne risquons pas d’être en manque d’informations.

Il nous faut également être vigilant quant à la qualité de l’information que nous recevons. De plus en plus les journaux télévisés ne sont qu’une succession de dossiers présentés sous le signe de la peur : Médiator, arrivée des clandestins en Italie puis en France, violences urbaines, enfants maltraités à l’école, élections et spectre du Front National, tous ces sujets s’ajoutent aux catastrophes effectives et les journaux télévisés nous assurent une bonne dose de peur, si ce n’est de terreur. Là aussi la vigilance est de mise ; plutôt que simplement subir le contenu d’un journal téléivisé, nous pouvons choisir l’information qui nous intéresse dans la presse ou sur des sites internet. Nous pouvons naviguer plutôt qu’ingérer passivement.

Il est une autre clé qui me semble capitale, que je ne sais pas vous livrer autrement qu’un peu carrée : osons demander à nos proches de ne pas entretenir l’angoisse en ressassant toutes les mauvaises nouvelles que nous pouvons glaner.

Osons nous mettre mentalement à la diète

A-t-on le droit de demander à quelqu’un d’arrêter de ressasser des visions négatives ? Certes cette personne, si elle revient encore et encore sur les terribles prédictions qu’elle a entendues, a sans doute besoin de ventiler son angoisse. Mais chacun d’entre nous est responsable de son propre équilibre, et il me semble important de se donner le droit de dire en substance : « je ne sens pas capable de gérer cela », cela se référant à cette conversation, cette angoisse, cette masse d’information.

Inutile de critiquer l’autre, ce serait rentrer dans un débat stérile. « Je ne me sens pas de taille à gérer cela » est une déclaration quant à mon besoin propre, ma capacité ; or c’est effectivement du ressort de chacun de gérer son aptitude à supporter ce qui l’entoure. Selon les concepts de psychologie, il s’agit-là d’une communication responsable.

La première responsabilité est de prendre soin de soi, et parfois en prenant soin de nous, nous aidons les autres à prendre soin d’eux aussi. Dans les faits, dans le concret de la relation, rien ne nous empêche de mettre un brin d’humour dans notre communication, ou de prendre la personne en question par la main pour interrompre le schéma négatif et l’entraîner vers quelque chose de sympathique. Lorsque nous réalisons pleinement l’importance de bien orienter nos pensées et de prendre soin de notre état d’esprit, nous trouvons toutes sortes de manières aimables de communiquer quant à cet impératif.

Les seuls que nous devrions écouter sans restriction lorsqu’ils ont envie de parler, sont nos enfants, pour qu’ils puissent évacuer leurs angoisses, et sortir des idées noires qu’ils peuvent s’être forgées dans les cours de récréation. Auprès de nous ils peuvent reprendre confiance, construire une vision plus nuancée des évènements.

Gardons les yeux sur ce que nous voulons créer

C’est bien connu des moniteurs de conduite, à force de vouloir éviter un obstacle, les jeunes conducteurs foncent généralement dedans. Ce sur quoi nous nous focalisons devient notre réalité. Domptons nos esprits pour qu’ils cessent de nourrir l’angoisse, prenons soin de nous orienter vers ce que nous voulons vivre, plutôt que vers ce que nous voulons éviter.

Un esprit informé ne doit pas être intoxiqué. Or la peur est toxique. L’information devrait mener à l’action; la peur et l’angoisse mènent davantage au repli sur soi qu’à l’action, quant ce n’est pas au désespoir et au fatalisme. Oser se mettre à la diète, ce n’est pas pour s’isoler du monde, mais c’est pour garder un juste regard sur ce monde, et prendre soin de notre capacité à le transformer.

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