Jouer à se savoir reliés

3 fév 2012   //   par Anne   //   Développement personnel, Ecologie  //  Aucun commentaire

Lors d’une conférence au cours des Entretiens de Millançay 2011, Daniel RODARY,  du Comité français de Biomimicry Europe a commencé un magnifique exposé en nous présentant une petite orchidée qu’il transporte apparemment partout avec lui  lorsqu’il fait des conférences. Cette petite plante était chargée de nous interpeler : où s’arrêtent nos individualités, puisque toute plante se nourrit en absorbant le gaz carbonique que nous avons rejeté ? et que pour bâtir ses cellules, elle en conserve le carbone en rejetant l’oxygène que nous sommes à notre tour heureux d’absorber. Les principes de base du vivant reposent sur la coopération, et l’observation nous montre  combien la vie est fondée sur l’interconnexion, et l’interdépendance.

Nous qui avons tant misé sur l’individualisme, nous avons beaucoup à gagner à nous imprégner de cette interconnexion. Parfois nous en faisons l’expérience de manière fortuite. Un ami nous appelle alors que nous pensions à lui, ou  un proche met  la conversation sur un sujet que nous étions en train d’examiner dans notre for intérieur depuis quelques instants. Hasard ? ou effet de connexion, conséquence d’un état de reliance que nous faisons la plupart du temps  semblant d’ignorer ?  Notre for intérieur … lorsque, petite, j’entendais cette expression, je m’imaginais un fort comme celui des films westerns, bien gardé, et intérieur en plus. Pas question d’y pénétrer ! Je dois quand même pouvoir être tranquille dans mon for intérieur, penser ce que je veux, sans que personne n’en sache rien.

Peut-être. Et peut-être pas. Peut-être la télépathie sera-t-elle un jour  parfaitement expliquée, dans des termes scientifiques, par des résonnances moléculaires ou électromagnétiques d’un cerveau à l’autre ;  toujours est-il que la connexion, la reliance, l’état d’être reliés, est une expérience assez banale. Qui ouvre toutefois à  de nouveaux niveaux de responsabilité.

Car si  mes pensées s’entendent, ne serait-ce qu’un peu, voici une bien bonne raison de faire très attention à ce que j’entretiens dans mon esprit.  Certes, si les pensées circulent, je ne peux pas prétendre que tout ce qui se présente dans mon esprit,  y est né ;  les pensées flottent, se présentent, n’en font semble-t-il qu’à leur tête ! Là où je suis responsable, là où je conduis ma vie, c’est dans ce que je choisis d’entretenir dans mes pensées. C’est de cela que je suis responsable, de ce que je nourris, positif ou négatif, en y consacrant du temps, de l’énergie.

L’énergie ?  l’élégance de la vie, c’est que tout est énergie. Nous absorbons l’énergie du soleil par la photosynthèse  des plantes, dont nous nous nourrissons, et chacune de nos cellules est équipée pour fonctionner comme une petite usine pour décomposer l’énergie alimentaire en énergie cellulaire. Tout est relié, vous dis-je….

Concrètement :

  • Prendre le temps de méditer sur notre état de reliance, en recevant la beauté d’un coucher de soleil, en écoutant le bruit de la pluie les yeux fermés, ou le chant des criquets
  • Prendre soin de ce que nous  entretenons  dans notre esprit :  partant du principe de précaution, ne pas ressasser une opinion négative vis-à-vis de quelqu’un d’autre, surtout en sa présence. Il y a beaucoup à dire au sujet des jugements, car ils peuvent effectivement nous apprendre beaucoup de choses sur nous-mêmes, mais nous pouvons au minimum apprendre à ne pas les nourrir. Une pensée, quelle qu’elle soit, n’a pas à être envahissante. Nous avons la capacité d’orienter notre esprit, quitte à sortir faire un jogging pour se vider la tête, ou une bonne séance de désherbage.

Ce qui nous ramène aux plantes, encore une fois …. Mais plutôt que de vous laisser là, je voudrais vous proposer d’écouter un merveilleux montage. Il s’agit d’une bande son composée à partir d’un enregistrement de crickets, classique, doublée du même son des criquets ralenti pour tenir compte de leur durée de vie beaucoup plus courte que la nôtre (rapidité de lecture de la bande audio rapportée à notre durée de vie).

 

Hallucinant, non ? Certes, comme toujours avec les vidéos trouvées sur le net, je ne peux pas garantir que ce montage soit uniquement de criquets. C’est en tout cas fort joli. Et on ne m’ôtera pas l’idée qu’être connecté à la vie, dans toutes ses formes, c’est particulièrement magnifique.

Votre réaction