Cécile Mouillon – Caval’etho

Clé principale : S’adapter : être capable d’observer et de réagir à ce que nous constatons. Rien n’est figé, il faut s’adapter sans arrêt et être dans l’action par rapport à ce qui se passe.

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Cécile, monitrice diplômée d’équitation, est spécialisée dans l’équitation comportementale.

Caval’etho est une association de propriétaires de chevaux, d’amis avant tout, qui a été créée pour pratiquer l’équitation autrement, l’aborder dans le respect des hommes et des chevaux.

 

A quand remonte votre projet ou votre engagement ? Dans quelles circonstances est-il né ?

Lorsque j’ai décidé de travailler dans le domaine des chevaux, c’était pour avoir une relation privilégiée avec eux. Mais je me suis rapidement rendu compte qu’en tant que monitrice, je n’étais pas le partenaire privilégié des chevaux, mais plutôt la personne à craindre. La monitrice, c’est celle qui fait la loi, et qui monte sur un cheval pour lui mettre une raclée s’il ne se comporte pas bien, c’est assez violent. Certes les chevaux me respectaient, mais ce n’était pas vraiment du respect, c’était plutôt de la crainte. Alors comme je pressentais qu’on pouvait s’y prendre autrement, je me suis tournée vers les livres d’éthologie, j’ai lu les écrits des « chuchoteurs » américains.

Et puis j’avais de grandes interrogations quant à la pratique équestre : les principes étaient souvent clairs et très jolis dans les livres écrits par les grands maîtres écuyers, mais dans la pratique, c’était irréalisable. Cela se traduit, en club, par une approche mécaniste basée sur la contrainte. Lorsqu’un cheval refuse d’aller sur un obstacle, on constate son refus sans savoir pourquoi il réagit ainsi. La solution de la plupart des moniteurs c’est « Mets lui deux coups de cravache et reviens », sans avoir la réponse au « pourquoi ce cheval agit comme cela ». Nous avons les symptômes, mais pas la cause réelle à l’origine, or cette cause est presque toujours liée au comportement, aux messages corporels et posturaux du cavalier, et le cheval ne fait que réagir aux informations qu’il capte. Tout cela on a tendance à l’oublier, et à maintenir l’équitation dans une approche mécaniste basée sur la contrainte. Tout cela me dérangeait dans mon enseignement, et dans ma pratique aussi.

Dès que j’ai eu fini mon monitorat, je suis partie faire une formation professionnelle en éthologie. Et là j’ai trouvé toutes les réponses à mes questions en équitation, puis cela a complètement bouleversé ma vie. Les chevaux m’ont renvoyé de moi une image vraie, et pas forcément positive. Je me suis rendu compte que j’étais tout le temps en fuite, et que je reproduisais systématiquement la même chose puisque je fuyais d’endroit en endroit. Je me suis sentie très mal, et j’ai décidé de reconstruire ma vie totalement différemment. J’ai aussi constaté la profondeur des changements chez mes compagnons de formation. J’ai découvert, en observant les chevaux avec des cavaliers que je connaissais, que le cheval donnait un message tout à fait juste en rapport avec la personnalité de la personne. Petit à petit j’ai compris qu’en fait c’est systématique : tout notre comportement induit le comportement des chevaux, et la relation aux chevaux est un outil extraordinaire, au travers de laquelle nous pouvons comprendre de véritables leçons de vie. J’ai alors voulu partager mon expérience avec le plus de monde possible. C’est pour cela que j’ai totalement orienté mon activité professionnelle vers cette pratique.

Quelle vision initiale aviez-vous ?

Cela faisait quelques années que des cavaliers propriétaires de chevaux me suivaient de club en club et en 2008, les circonstances nous ont amenés à créer notre propre structure. Nous voulions pratiquer l’équitation autrement, dans le respect du cheval, mais aussi vivre une certaine qualité de relation entre nous. Nous voulions avoir un lieu où nous puissions pleinement explorer tout cela, à notre petite échelle, et voir les chevaux vivre en troupeau, les voir heureux. Concrètement nous avons mis au point notre mode de fonctionnement sur des bases assez différentes de ce qui se pratique dans les clubs conventionnels : à Caval’etho, tous les chevaux servent à tout le monde, aucun propriétaire ne s’inquiète que son cheval soit monté par un débutant, ils me font entièrement confiance dans mes choix, et de toutes les façons, ces méthodes font que le cheval ne peut pas être abîmé physiquement. Je suis partie sur le principe de ne pas trop faire payer mes cours, mais suffisamment pour ne pas trop travailler non plus. Pour moi il était essentiel, et ça l’est toujours, que je continue à me faire plaisir dans ce que je fais, et que cela soit vrai pour nos chevaux aussi.

Quelle était votre motivation ?

Les valeurs que nous essayons de transmettre, sont le respect, la confiance, et les valeurs d’écologie aussi ; tout le monde s’est moqué de moi lorsque j’ai parlé d’installer des toilettes sèches, mais j’y tiens. Au départ nous étions axés sur l’équitation, mais plus cela va, plus nous nous sommes tournés vers le développement personnel ; car c’est le processus qui est important, la relation entre le cavalier et le cheval. D’ailleurs je me rends compte que les gens qui viennent sur la structure, notamment les adultes qui viennent de plus en plus nombreux, sont des gens en recherche de se recentrer, de se découvrir ; donc nous utilisons le cheval pour nous améliorer plutôt que faire du cheval comme une fin en soi.

Finalement l’équitation passe au second plan. Nous travaillons sur la forme, surtout, sur la manière de demander des choses. J’ai de plus en plus souvent l’impression que les cavaliers viennent pour partager un moment avec les chevaux, et non plus pour réussir à sauter un mètre, passer tel ou tel « Galop ». Ces choses-là viennent en plus, quasiment accessoirement.

Qu’est-ce qui a déclenché la décision de lancer le projet ?

C’est un concours de circonstances. Il y a parfois des signes qu’il faut écouter. En quelque sorte, en 2008, j’ai accouché deux fois : une première fois de mon fils Arthur, puis du projet. Au printemps 2008, j’étais en congé maternité, je devais signer un nouveau contrat avec la structure qui m’employait pour un mi-temps, et j’étais assez hésitante car je sentais que l’ambiance du club n’avait pas évolué dans le bon sens pour moi, mais étant plutôt trouillarde, être salariée était confortable. Une proposition d’un coach en entreprise de travailler avec lui en utilisant les chevaux pour coacher des managers, me tenta beaucoup, mais il fallait que je devienne indépendante. Dans le même temps, le statut d’auto-entrepreneur se mettait en place. Ce statut était vraiment une aubaine, car les charges ne sont payées que sur le chiffre d’affaires réel. Mes amis, ces cavaliers qui me suivaient depuis plusieurs années, me soutenaient beaucoup à créer ma propre structure. Alors j’ai pris mon statut d’auto-entrepreneur en Septembre ; mais la crise est passée par là, et dès Octobre mon contact m’a appelée pour me dire que ses contrats de coaching étaient annulés. Néanmoins, je réalise aujourd’hui que son appel m’a permis d’oser imaginer autre chose ; sans cette proposition, je ne me serais jamais lancée. Nous nous sommes donc retrouvés avec nos chevaux, les miens et ceux de mes amis, sans trop savoir ce que nous allions faire, où nous allions nous installer ; c’est alors que nous avons eu la proposition de Cécile et Dominique de nous héberger à titre gratuit et de créer une association pour gérer tout cela. J’avais donc les gens, quelques chevaux, le lieu, c’était parti. Dans l’absolu, ce n’était pas le moment idéal, alors que je venais juste d’être maman. Mais j’avais beaucoup de gens qui m’entouraient, qui m’ont poussée, encouragée, aidée. Certes, ils avaient sans doute aussi envie de tout cela pour eux-mêmes, et aujourd’hui ils sont tous dans l’association, secrétaire, trésorier…

Le projet est-il individuel ou collectif ?

Enorme dimension collective. Il est vrai que c’est moi qui ai développé le savoir en éthologie. Si demain je décidais de partir faire le tour du monde, il est clair que l’association devrait au minimum changer de tournure, car même faire appel à un autre moniteur branché éthologie changerait la donne. Mais le projet est collectif car il part de l’intention de se donner la possibilité, ensemble, de vivre une dynamique bien particulière, que j’ai proposée au fil des années, et dans laquelle mes associés d’aujourd’hui se sont reconnus.

Le cheval est grégaire, nous sommes grégaires aussi, et les chevaux m’ont fait faire un cheminement par rapport à l’humanité un peu particulier. Mes années passées comme monitrice dans des clubs conventionnels m’ont laissé une impression très négative. Je ne supportais plus les groupes, leur dynamique, cette façon de toujours chercher un mouton noir, avec une émulation qui est souvent négative, ces jeux qui font que les meilleures intentions se retrouvent retournées contre nous. Quand j’ai commencé l’éthologie, je suis presque devenue misanthrope. J’en étais arrivée à penser qu’individuellement chaque personne a du bon, mais que collectivement, c’est une catastrophe. J’étais dans une vision assez négative de l’humanité. Et petit à petit, je me suis ouverte à apprécier les gens pour ce qu’ils sont, à être plus tolérante. Je me suis rendue compte que je ne suis pas meilleure que les autres, j’ai commencé par accepter mes propres défauts, mes faiblesses, pour reconnaître que personne n’est parfait, mais il y a du bon à tirer un peu partout. Et j’ai compris que c’est à moi, en tant que leader de cette structure, de tirer les gens vers le haut plutôt que les laisser dériver vers des comportements négatifs. J’avance en apprenant à considérer les êtres, humains ou chevaux, dans le respect de chacun.

Dans quelle phase êtes-vous aujourd’hui ?

Nous sommes partis, il y a maintenant trois ans, de simples prés, et aujourd’hui avons un rond de longe, une carrière, un club-house caravane ! Et bientôt une sellerie correctement installée, puisque jusqu’à maintenant elle était logée dans une caravane en décomposition ! Nous faisons le foin nous-même, nous avons le matériel pour cela, le propriétaire du lieu, Domi, est très débrouillard, et il gère ce genre de choses. Et les gens sont pleins de bonne volonté et participent à des évènements ‘foin’ ou ‘débroussaillage’. Nous avons déployé une énergie phénoménale pour faire la carrière ; tout le monde a aidé, c’était génial, alors que c’était un chantier énorme. Et cela fait plaisir de voir tous ces gens, qui pour certains n’ont rien à voir avec les chevaux, qui ont aidé, et réalisé une magnifique carrière.

Ceci dit, je me suis fait une raison que les choses ne sont jamais finies, c’est plutôt une continuité. Le projet est bien avancé dans le sens où nous sommes posés, nous avons les chevaux, les installations, nous pouvons travailler. Mais je pense aussi que les choses vont continuer d’évoluer. Je vais commencer à travailler dans d’autres contextes, par exemple l’année prochaine je vais travailler avec des traumatisés crâniens pendant quelques mois. J’aimerais développer des interventions en milieu carcéral. Le projet va forcément évoluer parce que nous sommes partis d’une association de cavaliers, or je tends à faire de moins en moins d’équitation. Il est possible que le projet ait sa propre vie, indépendamment de moi, et que moi j’aie ma propre évolution à mesure que je tends vers le développement personnel. Je me forme sur ce sujet. Et je vais du coup me rapprocher de l’homme !

Aujourd’hui quels sont les indicateurs qui vous montrent que vous êtes sur la bonne voie ?

Voir les chevaux comme ils sont maintenant, c’est un vrai plaisir. Déjà, au lieu d’être enfermés dans un box, ils sont en liberté en troupeau. Quant à leur relation à l’homme, elle est basée sur le respect que nous leur portons, sur la confiance qui s’installe. Il en découle un tout autre état d’esprit pour les chevaux, qui se traduit par une musculation qui devient harmonieuse. On sait et on dit dans toutes sortes de contextes que le mental influe sur le physique et vice versa, mais c’est vraiment flagrant chez les animaux. Par exemple, Géronimo est arrivé parmi nous vraiment laid, complètement démusclé et ‘construit à l’envers’ (au niveau de sa musculature) ; de plus lorsque je l’ai récupéré, on me l’a présenté comme violent et dangereux. Il s’avère très cool, et maintenant il est devenu bien musclé, détendu, beau. Le travail que je leur demande est beaucoup moins physique, beaucoup moins rébarbatif, et rien n’est fait dans la tension ; c’est toujours dans leur respect éthologique, au sens large, c’est-à-dire pas seulement au niveau physique, mais dans leur besoin naturel. Se retrouver dans un rond (une petite carrière ronde) avec un humain pour communiquer, c’est quelque chose qui leur va bien. Et quand ils font quelque chose, ils le font à 100 % de leur capacité, au lieu de le faire avec contraction, ou par crainte de leur cavalier.

La sécurité est un autre indicateur. Comme les chevaux ne sont pas stressés, je n’ai pas à gérer autant de chutes des cavaliers, cela devient rare. C’est un plaisir aussi de voir mes cavaliers qui sortent avec le sourire, qui ne sont pas dans la recherche de résultats, qui sont dans la relation.

Je constate par ailleurs une véritable entraide chez les petits aussi bien que chez les ados : c’est faire les choses ensemble, aider ceux qui arrivent. Récemment nous avons intégré une jeune fille qui ne connaissait rien à nos méthodes et qui n’avait pas beaucoup fait d’équitation, mais les autres ont pris leur rôle totalement à cœur, et la nouvelle a été totalement intégrée ; du coup nous avons vraiment un sport d’équipe, une bande de jeunes qui s’entraident et vivent des choses ensemble, qui ont plaisir à se retrouver.

Reste un autre indicateur important : j’ai des relations avec d’autres moniteurs dans la même mouvance, nous avons de véritables échanges, nous nous retrouvons régulièrement, et nous échangeons, non pour dire que nous sommes les plus forts du monde, mais pour parler de ce que nous rencontrons, des problèmes que nous n’arrivons pas à résoudre ; chacun partage son expérience, et nous trouvons des solutions, pour avancer, aller plus loin. Je n’aurais jamais pu vivre cela dans l’équitation classique. Jamais quelqu’un n’aurait osé dire qu’il butte sur quelque chose. Or c’est génial de continuer d’apprendre, d’échanger.

A quelles difficultés avez-vous été confrontés dans les différentes phases de la réalisation ? Qu’est-ce qui a permis de les dépasser ? Quelles clés ?

Il a fallu imaginer de prendre son envol, dépasser la peur de se lancer. Il m’a fallu me projeter dans l’avenir et imaginer que je pouvais sortir un petit salaire. Certes il m’a fallu aussi ne pas être trop gourmande, et être claire sur l’importance que j’accorde à une qualité de vie. Mon compagnon m’a beaucoup soutenu, m’a dit d’y aller, de foncer. Nous nous sommes dit que nous nous débrouillerions. Et puis il y avait aussi la sensation que je ne pouvais plus fonctionner comme avant. Il fallait que je fasse autrement, et je considérais vraiment que je n’avais plus trop le choix. Et enfin, je me suis sentie vraiment épaulée.

La construction de la carrière a été un moment clé. C’était difficile physiquement, pour tout le monde, et il a fallu gérer les forts caractères des différentes personnes qui participaient ; il y a eu des périodes de crise, qui nous ont mis à dure épreuve. J’ai tout fait pour que cela se passe bien, mais j’ai aussi appris qu’une fois que j’ai fait mon maximum, je peux laisser la liberté aux autres de gérer la relation avec moi comme ils l’entendent. Cela m’a beaucoup interpellée, mais j’ai compris que je ne peux pas imposer à qui que ce soit de se sentir bien, qu’il s’agit de leur choix et de leur mouvement. Cela m’a obligée de prendre une distance par rapport à ce que quelqu’un d’autre vit. J’ai eu l’occasion de vraiment dire à certains toute l’amitié que je leur porte, pour les laisser ensuite libres de réagir comme ils l’entendent. Avant j’avais tendance, par orgueil, à ne pas toujours dire ce qui était vrai pour moi, parce que c’est ‘rabaissant’ de dire à quelqu’un qu’on l’aime, or là j’ai vraiment laissé mon orgueil de côté, j’ai dit les choses que j’avais à dire, comme je les pensais, du fond du cœur, et puis j’ai constaté que je ne pouvais pas en faire plus, et que l’autre est libre de réagir comme il l’entend. Cela a été un grand apprentissage.

Les chevaux m’ont appris à dire les choses, ne pas agir sous le coup de l’émotion, dire les choses au bon moment, et ne pas rentrer dans les histoires de clan. J’ai bien vu que dès qu’il y a une crise, tout de suite des clans se forment et certains sont identifiés comme source des problèmes. Je ne suis pas rentrée là-dedans, je suis restée au dessus, je me suis positionnée pour gérer les conflits pour la sécurité de chacun, le bien-être de chacun, en prenant la distance nécessaire pour pouvoir agir ainsi. Je voulais assurer la cohésion du groupe sans rentrer dans les histoires, les conflits et les dissensions, sans rentrer dans la facilité de chercher la cohésion d’une partie du groupe en se polarisant contre d’autres, en évitant aussi de mettre de l’huile sur le feu. Je voulais garder le groupe entier, que à l’arrivée, on y soit tous, tout en menant le projet de carrière comme il le fallait sur le plan technique. J’ai compris mon rôle dans le sens d’assurer la cohésion en évitant absolument toute autre attitude. Mais cela a été une expérience intense.

Qu’est-ce qui a favorisé la réalisation du projet ?

Trouver le lieu a été un grand moment. Nous avions quitté la structure précédente sans savoir où nous poser. Nous avions un hébergement temporaire chez Dominique et Cécile, qui s’est quelques temps plus tard transformé en permanent par leur solidarité et très grande générosité. Certes ils sont heureux de la situation, car ils apprécient la présence des animaux et aussi parce que leur fille Baboo est très impliquée dans le projet, mais au départ c’est leur générosité qui a été clé.

A quoi êtes vous particulièrement vigilante ?

Je suis tout à fait vigilante quant à ma place de leader, que j’assume maintenant. Paradoxalement, j’avais beaucoup plus de mal à l’assumer quand j’étais monitrice dans un club, malgré le fait que j’avais une position qui était sensée me donner ce leadership, mais je ne l’assumais pas et les histoires affluaient. A partir du moment où il y a un groupe, c’est génial parce qu’on est ensemble, mais en même temps il faut faire attention à ces clans qui peuvent surgir très vite, sur des broutilles, des bêtises qui peuvent vraiment s’envenimer. Je vois bien aujourd’hui que ma responsabilité est de bien prendre soin de cette dynamique.

Il me faut aussi rester vigilante à garder les choses vivantes au sein de Caval’etho, créer des animations. J’aurais tendance à me poser et laisser le traintrain prendre le dessus, mais il me faut continuer de proposer du nouveau, pour entretenir une dynamique et quelque chose de vivant. Il faut nourrir l’appétit de tout le monde.

A votre avis, pour réussir, pour être acteur du changement, dans quel état d’esprit faut-il être ?

Il faut y croire, et il faut aussi prendre son temps pour que les choses mûrissent. C’est une question d’équilibre entre prendre le temps de faire mûrir les idées, et avancer aussi. Dans mon couple, Christophe a tendance à foncer et moi à mettre les deux pieds sur le frein. A nous deux nous trouvons un équilibre. Il faut trouver le juste milieu, prendre des temps pour se poser et approfondir, se renseigner, puis à un moment donné se dire « allez, on y va ! »

Y croire, apprendre de ses erreurs, ne pas se morfondre, ne pas se dire « Je suis nulle, etc. » mais plutôt qu’est ce que j’apprends de cette erreur, à quoi elle m’a servi. Prendre chaque expérience comme une expérience et rien d’autre. Même si notre ego n’aime pas faire des erreurs, il faut rester dans une certaine légèreté vis-à-vis de soi, être un peu tolérant avec soi (ce qui nous permet aussi de devenir plus tolérant vis-à-vis des autres aussi) et repérer qu’il y a des choses positives à tirer de toute situation, qui vont nous permettre d’aller plus loin.

Chez les animaux, rien n’est jamais acquis. Ce n’est pas parce qu’il s’est passé une chose tel jour, que le lendemain cela va se passer de la même manière. Chez les chevaux, comme ils ont la mentalité d’une proie, cela donne une adaptabilité permanente. Cela veut dire que nous pouvons faire des erreurs, mais elles ne sont pas ancrées à vie. Cela sera peut-être plus difficile si on a fait de grosses erreurs répétitives, ce sera moins simple, mais rien n’est infaisable, on peut toujours regagner la confiance. Et par contre ce n’est pas parce qu’on a regagné la confiance que le lendemain, c’est bon, on n’a plus rien à faire. Tout est dialogue, en permanence. Dans nos relations aux autres, ou dans un projet donné, c’est pareil : rien n’est acquis.

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