Inconfortables révélations

9 mar 2012   //   par Anne   //   Actualités, Développement personnel  //  1 commentaire

Pas plus tard qu’en ce début d’année, j’ai précisé qu’il m’apparaît important que ce site de Créatifs Ensemble soit dédié au repérage des clés qui nous permettent d’avancer dans notre propre apprentissage, facilitant ainsi la métamorphose de notre société. Mais il m’arrive sur Facebook de relever une information même si elle appartient à la catégorie des disfonctionnements et folies du système actuel. C’est ce que j’ai fait hier soir, j’ai posté une photo que j’avais prise, et deux de mes amies de Facebook se sont mis à converser avec moi, choquées par ce que je présentais. Le sujet de nos échanges importe peu, mais si vous voulez vraiment savoir de quoi il s’agit, vous pouvez cliquer ici. Mais au fond, l’information n’est pas capitale pour le reste de cet article.

Au début, l’une d’elles n’avait pas saisi que la photo était de moi, et lorsqu’elle le comprit, je suppose que tout espoir que la photo eut été « photo-shopée » s’évanouit, et cela la plongea dans le désarroi. Je me sentais bête, de l’autre côté de mon écran, avec ces deux amies qui semblaient vraiment perturbées. Je me rappelai à mon choix d’orienter mon travail vers le mouvement positif que je vois à l’œuvre, tout en reconnaissant l’incontournable inconfort qui accompagne la découverte de l’ampleur des folies qui agitent ce monde.

Nous vivons une époque particulière, car les fonctionnements que, dans mon livre, j’ai taxés d’hyper-individualistes, résultant dans la manipulation des richesses de la terre entière par une petite partie de la communauté humaine (le fameux 1% dont on parle tant maintenant), ces fonctionnements individualistes à l’excès, versant dans la manipulation et la malhonnêteté, sont de plus en plus exposés. Comme le dit Charles Moumouni, Professeur de Communication à l’Université de Laval au Canada, « Nous sommes dans une nouvelle ère, l’ère de la démocratisation de l’information, l’ère des médias sociaux, et cela devient intenable aujourd’hui de maintenir le culte du secret. » Les secrets sortent. Les informations circulent.

Or le fait que les folles décisions et les disfonctionnements soient exposées passe nécessairement par l’œil et l’oreille de l’ensemble de la population ; faute de cette exposition, il n’y a pas révélation. Pour être exposés, les fonctionnements secrets, les choix constestables, les manipulations  et les malversations ont besoin d’être lus, vus et entendus. Mais lorsque nous sommes exposés à des informations qui heurtent profondément nos propres valeurs, lorsque nous mesurons l’ampleur des dégâts en quelque sorte, il est facile de perdre pied, de se sentir dépassé, voire écœuré par tout ce qui est révélé.

Philippe Desbrosses évoquait cette étrange période en ces termes : « Pour l’instant, c’est la confusion totale. Quand on remue une eau sale, les particules se retrouvent en suspension et il faut attendre que cela décante pour y voir clair. »   Il nous faut accepter d’être témoins des révélations, non pour juger, non pour s’en inquiéter, mais comme processus de clarification indispensable, afin qu’ensemble nous parvenions à comprendre ce qui ne marche pas, pour commencer à définir de nouvelles manières de fonctionner sur cette planète. Cela passe par cette phase inconfortable dans laquelle nous sommes, où les informations peuvent par moment nous assaillir. Mais il n’en reste pas moins que notre monde est en train de se redéfinir, et que le processus de clarification passe par la mise en lumière des disfonctionnements.

Néanmoins, il est bien sûr de notre ressort de limiter notre exposition aux informations qui nous affectent sans pour autant nous apporter de nouveaux éclairages. Pour ma part, il est clair que je ne reste pas scotchée devant l’écran lorsque je tombe sur des séquences du style  » pauvre ours polaire accroché à son glaçon fondant dans l’océan du réchauffement climatique ». Cela me tord les boyaux à chaque fois, et je préfère éviter. Et la simple quantité d’informations peut parfois suffir à nous faire basculer dans un mood pas trop optimiste. Il nous appartient de doser notre exposition aux choses, et d’équilibrer notre perspective avec des réalités plus positives.  J’ai adopté un baromètre que j’aimerais partager avec vous. La question est toute simple : puis-je intégrer cette information, cette perspective, dans une vision d’amour, continuer d’aimer cette humanité qui se cherche. Si je ne peux pas, il me faut décrocher, reprendre mon souffle, me ressourcer, rire avec mes amis, retrouver sur l’humanité une perspective qui me permette d’accueillir ses agissements sans basculer dans l’animosité.

Pour accepter d’être témoins, il nous faut, chacun à notre manière, nous exercer individuellement à une attitude de neutralité et d’observation. C’est alors que nous participons le mieux à ce que peu à peu l’ensemble du corps social humain devienne capable de choisir consciemment une direction nouvelle. Observer avec neutralité ne veut pas dire approuver, bien sûr, et ce sujet est exploré dans l’attitude « observer ». Non seulement observer n’est pas synonime d’approuver, mais observer est parfaitement compatible avec exprimer nos préférences, et même oeuvrer pour qu’elles prennent corps.

Observer est simplement l’attitude qui permet aux révélations de se faire, aux complexes dynamiques humaines d’évoluer, tandis que nous oeuvrons à créer ce que nous voulons.

1 commentaire

  • texte tres interessant et instructive continuez a ecrire des articles comme ce-ci.amicalement elsa

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